Performances grecques

La mythologie veut que les Jeux olympiques aient été fondés par Héraclès, fils de Zeus, mais les premiers JO des temps modernes ont eu lieu à Athènes en 1896. Le gouvernement de l’époque n’ayant pas les moyens de construire un stade, un riche architecte offrit 1 million de drachmes (soit plus de 100 000 dollars) pour la restauration du stade des Panathénées, construit en 330 avant J-C.

Les choses se sont faites plus simplement en 2004, lorsque les Jeux olympiques regagnèrent leur lieu de naissance, dans le complexe sportif flambant neuf du Stade olympique d’Athènes, avec son toit futuriste. Il est trop tôt pour déterminer l’impact exact des Jeux olympiques sur l’économie grecque, même si leurs effets positifs commencent à s’estomper.

Prenons la croissance. Le PIB en termes réels a augmenté de 3,7 % en 2005, soit moins qu’en 2004 (5 %), même s’il reste supérieur à la moyenne de la zone OCDE. Ce ralentissement provient principalement d’une baisse importante de l’investissement public après les JO. La formation brute de capital fixe a chuté d’environ 1,5 % en 2005, après une hausse annuelle d’environ 8 % au cours des cinq années précédentes.

La croissance de la consommation, favorisée par certaines dépenses festives des ménages, a elle aussi légèrement reculé en 2005, même si elle reste soutenue grâce à une expansion toujours rapide du crédit.

La baisse de la demande a aussi affecté le secteur extérieur, la croissance des importations ayant faibli après le sursaut de 2004. En conséquence, les exportations nettes ont contribué à la croissance de la production.

Dans le même temps, le déficit de la balance courante s’est accentué, principalement en raison d’un déficit commercial naissant dû aux prix élevés du pétrole, et malgré des excédents légèrement supérieurs dans la balance des services.

L’augmentation des prix du pétrole et, dans une moindre mesure, une augmentation des impôts indirects en avril 2005, ont provoqué une inflation des prix à la consommation d’environ 3,5 % sur l’ensemble de l’année. Cependant, la moindre demande intérieure ainsi qu’une augmentation réduite des coûts unitaires du travail ont freiné l’inflation sous-jacente. De fait, la différence avec le taux moyen d’inflation dans la zone euro (environ 2 % en 2005), a significativement diminué au début de 2006. Cependant, le taux de chômage (environ 10,5 % en 2005) reste élevé par rapport aux autres pays, même s’il a diminué.

Quant à la situation budgétaire, elle s’est significativement améliorée en 2005 avec une réduction du déficit global de 2,5 points pour atteindre 4,5 % du PIB. Obtenue en dépit de faibles recettes fiscales, cette réduction est liée à la chute des dépenses d’investissements après les Jeux olympiques, ainsi qu’à un ralentissement des dépenses principales. Le programme de stabilité du gouvernement vise à faire passer graduellement le déficit, prévu à 2,6 % du PIB pour 2006, à moins de 2 % en 2008. Cependant, le déficit pourrait bien être légèrement supérieur à ce seuil.

Même si la Grèce n’accueillera plus les JO avant longtemps, ses perspectives économiques restent positives. Un regain d’investissements est notamment attendu, qui pourrait compenser le probable ralentissement de la consommation dû à la réduction des dépenses publiques. L’économie nationale devrait être stimulée par la faiblesse des taux d’intérêts et plusieurs mesures encourageant l’investissement, dont une baisse progressive de l’impôt sur les sociétés, une loi récente offrant des incitations fiscales pour des projets d’investissements privés et une législation sur les partenariats public-privé.

La détérioration de la compétitivité des coûts ne devrait pas empêcher les exportations de croître, mais une augmentation de la demande interne devrait aussi favoriser les importations, ce qui pourrait rendre légèrement négatif l’impact net de la balance commerciale sur la croissance. Toutefois, la production réelle devrait dépasser assez largement la moyenne de la zone euro.

Deux incertitudes majeures sur le plan interne pèsent sur ces prévisions. Tout d’abord, l’inflation va-t-elle réellement baisser ? Ensuite, la situation budgétaire va-t-elle s’améliorer ? Les réponses dépendront largement des mesures gouvernementales, même si les incertitudes sur la scène internationale, qu’il s’agisse des prix du pétrole ou de la résilience de la croissance mondiale, pourraient également jouer. RJC

Les prochaines prévisions pour la Grèce, accompagnées de données chiffrées, seront publiées dans les Perspectives économiques de l’OCDE n° 79 en juin. Une édition préliminaire est disponible sur www.oecd.org/eco-fr à partir du 23 mai, pour la réunion ministérielle de l’OCDE.

©L’Observateur de l’OCDE, n°255, mai 2006




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