La Corée et l’OCDE : une décennie de progrès

Vice-Premier ministre et ministre des Finances et de l’Économie, Corée*

Le vice-Premier ministre Okyu Kwon
©OCDE/David Sterboul

En 1996, alors que le gouvernement coréen venait de décider de rejoindre l’OCDE et travaillait dur pour cela, certains médias et organisations de la société civile se montrèrent réticents. Ils s’inquiétaient de l’entrée de la Corée dans le « club des riches », affirmant que cette initiative était prématurée et qu’elle nous causerait des pertes considérables.
Néanmoins, malgré ces inquiétudes, l’OCDE nous a permis d’accéder à l’expérience et aux connaissances des pays développés, par le biais de l’apprentissage entre pairs, de la définition de règles et de discussions sur les questions internationales. Aujourd’hui, nul ne conteste que l’OCDE constitue pour la Corée un point de repère, qui l’aide à améliorer ses institutions, à réformer l’ensemble de ses secteurs, et à moderniser ainsi son économie.L’OCDE a notamment joué un rôle déterminant en nous fournissant des principes directeurs essentiels sur le gouvernement d’entreprise et la surveillance financière, lors de la phase d’ajustement structurel consécutive à la crise financière de la fin des années 90. Le gouvernement coréen a tiré parti des ressources de l’OCDE pour surmonter cette crise grâce à des mesures de restructuration.Nous, dirigeants coréens, tenons en haute estime l’OCDE, que nous considérons comme un des conseillers les plus fiables et les plus avisés en matière de politique économique. Nous prenons au sérieux ses recommandations et les intégrons dans nos propres politiques lorsqu’il y a lieu.La libéralisation du secteur financier constitue à cet égard un très bon exemple. L’OCDE nous a conseillé d’engager des réformes institutionnelles destinées à favoriser la libéralisation financière. […]Lorsque le projet de loi sur les services de placement et les marchés financiers que nous promouvons activement aura été adopté, les barrières entre les différentes catégories d’activités seront supprimées, ce qui accélérera le développement des services financiers.Une autre question essentielle pour l’OCDE comme pour les autorités coréennes réside dans le droit du travail. Voilà un peu moins de deux semaines, le 11 septembre précisément, les représentants des travailleurs, du patronat et de l’État sont tombés d’accord sur un ensemble de réformes destinées à améliorer les relations professionnelles, qui était en débat depuis trois ans.Cet accord vise à se conformer aux normes internationales et à renforcer la flexibilité du marché du travail. Plus précisément, il signifie que nous mettons fin à l’arbitrage obligatoire. L’accord permet de recourir à une main-d’œuvre suppléante en cas de grève dans les services publics essentiels. Il requiert également un assouplissement des procédures de licenciement pour motifs économiques. […] Il ne fait aucun doute que la mondialisation et [les technologies de l’information] ont renforcé l’efficience de l’économie mondiale. Mais elles ont aussi engendré des préoccupations sur l’accentuation des disparités entre individus et entre nations. Les nouveaux marchés émergents, emmenés par le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, sont en train de modifier l’horizon de l’économie mondiale. L’intérêt des pouvoirs publics à l’égard de la qualité de la vie, notamment la santé publique et l’environnement, s’accroît également, évolution qui me paraît bienvenue et importante.Aujourd’hui, les nouvelles mutations en cours exigent que l’OCDE aille plus loin. J’ai cru comprendre que le Secrétaire général Angel Gurría avait souligné le rôle grandissant que devrait jouer l’OCDE à l’égard des nouveaux défis, tels que la santé publique, depuis qu’il a pris ses fonctions. Cela correspond tout à fait aux nouvelles attentes que suscite selon moi l’OCDE.Il est clair que l’OCDE a de nombreux atouts. Elle dispose d’une expérience considérable en matière d’action publique et d’une excellente connaissance de ses pays membres, de compétences d’analyse systémique et spécialisée, ainsi que d’un système interdisciplinaire d’étude des politiques publiques couvrant l’ensemble du champ socioéconomique.En tirant le meilleur parti de ses nombreux avantages, l’OCDE devrait jouer un rôle de premier plan pour aider la communauté internationale à relever collectivement les nouveaux défis auxquels elle est confrontée. […]Le Secrétaire général Angel Gurría admire les œuvres de Hyundai Motor Company, Séoul, Corée, septembre 2006.©OCDE* Cet article est un extrait du discours de bienvenue prononcé par le vice-Premier ministre coréen Okyu Kwon à l’occasion de la conférence organisée à Séoul, le 22 septembre 2006, pour marquer le 10ème anniversaire de l’adhésion de la Corée à l’OCDE. Le discours du Secrétaire général de l’OCDE Angel Gurría et d’autres documents connexes, sont consultables sur www.oecd.org/coreeL’Observateur de l’OCDE, n°257, octobre 2006


Données économiques

Courriel gratuit

Recevez les dernières nouvelles de l’OCDE :

Flux Twitter

Abonnez-vous dès maintenant

Pour recevoir notre édition papier en anglais par courrier


Edition en ligne
Editions précédentes

Ne manquez pas

  • G20: « Le temps est venu d’accroître les dépenses publiques » (Le Monde)
  • En France, les inégalités salariales se réduisent chaque année. Les salaires des femmes cadres de moins de 30 ans sont « seulement » inférieurs de 5 % à celui des hommes, selon l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) dans une étude publiée en mars 2015.Les réseaux féminins ont-ils encore un rôle à jouer dans le monde du travail ? (Le Monde)
  • Pourquoi les fils d’immigrés ne réussissent-ils pas à l’école aussi bien que leurs sœurs? Un article du journal Le Monde.
  • L'intégration rapide des réfugiés est la clé de la croissance économique en Europe, selon le FMI et l'OCDE, présents à Davos, le forum économique mondial qui se déroule du 20 au 23 janvier. Lire l'article du Monde ici.

  • Expliquez-nous... l'OCDE par FranceInfo
  • "Nous avançons à une vitesse d'escargot" sur le climat, estime Ban Ki-moon. Le secrétaire général des Nations Unies confie au journal Le Monde son optimisme sur la conclusion d’un accord international permettant de contenir le réchauffement en cours, en dépit des obstacles.
  • La France est "l'un des pays où l'anxiété en classe est la plus fortement ressentie" explique Eric Charbonnier, analyste à l'OCDE.
  • Après le vote des mesures sociales demandées par l'Union européenne et le FMI, prévu pour le 22 juillet au soir, le gouvernement grec "va reprendre immédiatement les négociations avec les institutions, UE, BCE et FMI, qui doivent durer jusqu'au 20 août au plus tard".
  • Peut-on réduire l'immigration légale? Le député français de l’Yonne Guillaume Larrivé, membre de l'opposition, a proposé que les parlementaires fixent des plafonds d’immigration annuels. Thomas Liebig, spécialiste des migrations internationales à l’OCDE, analyse cette proposition pour le journal La Croix.
  • "Les 40% les plus pauvres, les classes moyennes, manquent de moyens pour investir dans le capital humain", explique à L'Express l'économiste Michael Förster, spécialiste des inégalités à l'OCDE.
  • La lutte contre le travail au noir franchit un nouveau seuil. Selon le bilan 2014 publié par Les Echos, le montant total des redressements imposés par les Urssaf pour « travail dissimulé » s’est élevé à 401 millions d’euros, contre 320 millions l’année précédente.
  • Le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon rallie le soutien de l’OCDE: « 2015 est une année des plus cruciales pour l’humanité ».

Articles les plus lus

Blog OECD Insights

NOTE: Les articles signés expriment l’opinion de leurs auteurs
et pas nécessairement celle de l’OCDE ou de ses pays membres.

©Tous droits réservés. OCDE 2016