Regards sur l´avenir

Secrétaire général de l’OCDE
C’est pour moi un grand honneur que de recevoir le mandat de diriger l’OCDE en m’appuyant sur le remarquable héritage de Donald Johnston. Nous sommes confrontés à de nombreux défis pressants, je n’en citerai que quelques-uns. Bien que les perspectives de l’économie mondiale pour cette année et l’année suivante s’annoncent assez positives, il ne faut pas relâcher nos efforts.
Les déséquilibres des paiements courants n’ont jamais été aussi élevés. Bien qu’ils n’aient pas encore provoqué de grandes perturbations, ils ne pourront pas continuer indéfiniment à se creuser.La hausse de la demande et l’offre limitée donnent à penser que les prix de l’énergie ne risquent pas de retomber de manière spectaculaire avant longtemps.Il est également urgent de relever le défi de la convergence économique entre les pays membres, qui s’est interrompue, voire inversée. Nous devons travailler ensemble pour combler les disparités marquées au sein de la zone OCDE pour ce qui est des taux de croissance, mais aussi de la productivité et des niveaux de vie.Le vieillissement de la population nous conduit à souligner l’importance de régimes de retraite et d’infrastructures de santé adaptés. Par ailleurs, lorsque le vieillissement s’accompagne d’un ralentissement démographique, voire d’une baisse de la population, il devient nécessaire de promouvoir des politiques de migration et d’intégration éclairées.Nous avons tous constaté l’émergence de critères discutables restreignant l’investissement direct étranger même entre les pays de l’OCDE. Nous devons accorder nos actes et nos paroles. Autrement, nous perdrons notre crédibilité et notre autorité.Enfin, les négociations commerciales n’ont guère avancé. Nous risquons de laisser échapper la possibilité d’ouvrir davantage nos marchés et d’engranger les avantages de la libéralisation des échanges. Par ailleurs, ce manque de progrès risque de raviver les pressions protectionnistes. L’OCDE est particulièrement bien placée pour nous aider à trouver les réponses à ces défis. Nous devons nous appuyer sur notre expérience pour construire des économies résilientes, et tirer profit de notre coopération étroite pour avancer dans de nouveaux domaines sur lesquels je pense que notre influence peut être significative.La réduction des disparités économiques et la lutte contre la pauvreté sont l’un d’entre eux. Selon notre charte fondatrice, c’est un devoir qui nous incombe, pour nos pays membres et pour le reste du monde. La pauvreté est la menace systémique par excellence. Nous devons nous y attaquer pour des raisons éthiques, morales, mais aussi purement économiques.L’investissement dans le capital humain constitue un aspect des efforts à déployer à cette fin. Il faut améliorer l’éducation et les possibilités d’emploi, ainsi que la qualité de la vie et la santé, qui doit devenir l’une de nos nouvelles priorités.J’ai pu constater les effets de l’accès à l’eau potable sur les plus démunis. Les progrès qui pourront être accomplis pour résoudre ce problème nous aideront à avancer sur la voie de la réalisation de la plupart des objectifs du Millénaire pour le développement. Comme pour le combat contre la pauvreté, cela supposera une collaboration étroite entre plusieurs domaines de compétence de l’OCDE.Il y a aussi le problème très réel et très urgent posé par le changement climatique, dont les conséquences sont déjà visibles.Enfin, avec un prix du pétrole à 70 dollars le baril, l’impact des prix sur la croissance et l’inflation, les énergies de substitution envisageables (dont l’énergie nucléaire) et un meilleure équilibre entre l’offre et la demande de pétrole devraient être au coeur de nos travaux, comme de ceux de nos organisations soeurs : l’AIE et l’AEN.Nos gouvernements sont déterminés à procéder aux réformes structurelles requises pour renforcer la croissance, l’emploi et les finances publiques. Il n’est pas facile de mener ces réformes. Plusieurs éléments entravent leur mise en oeuvre. Par ailleurs, les résultats de la réforme se font généralement sentir à moyen ou à long terme, sans tenir compte des calendriers politiques.L’OCDE devrait démontrer, de manière convaincante, et avec force, les avantages de la réforme, sans oublier la nécessité de mécanismes compensatoires pour ceux qui en sont les victimes. L’Organisation est assurément apte à présenter des possibilités d’action adaptées au contexte de chaque pays, en se fondant sur l’expérience partagée de nos 30 démocraties.Pour cela, nous avons besoin d’un mandat sans équivoque : être au centre du processus de la mondialisation, et assurer la coordination avec d’autres organisations internationales afin d’éviter les doubles emplois, la concurrence inutile et le gaspillage des ressources. Un mandat pour garantir notre pertinence.L’attitude à l’égard des pays non membres est donc fondamentale. Comment les associer à nos travaux ? Comment élargir la portée de l’OCDE pour lui permettre de conserver sa pertinence ?La gouvernance de l’Organisation a connu des progrès appréciables. Nous sommes maintenant prêts à discuter des incidences financières de l’élargissement. Nous devrons ensuite déterminer si les membres potentiels satisfont aux conditions nécessaires, et s’il faut commencer le processus d’adhésion.Il faut délivrer un message clair aux membres potentiels, afin de les encourager à adopter les meilleures pratiques de l’OCDE. Nous devons aussi trouver des moyens de renforcer le dialogue avec des pays qui n’ont pas nécessairement vocation à adhérer.Pour terminer, je voudrais remercier tous ceux qui m’ont accordé leur confiance pour conduire cette Organisation exemplaire dans l’avenir. Avec le soutien du Conseil et celui du personnel talentueux et dévoué, je déploierai toute mon énergie pour poursuivre la tradition d’excellence et contribuer à renforcer l’autorité et le prestige de l’OCDE.*Cet article est adapté du discours d’Angel Gurría à l’occasion de la cérémonie de passation de pouvoirs lors de la réunion du Conseil de l’OCDE au niveau des ministres, le 24 mai 2006. La version complète est disponible sur www.oecd.org/secretairegeneralL’Observateur de l’OCDE, n°256, juillet 2006


Données économiques

Courriel gratuit

Recevez les dernières nouvelles de l’OCDE :

Flux Twitter

Abonnez-vous dès maintenant

Pour recevoir notre édition papier en anglais par courrier


Edition en ligne
Editions précédentes

Ne manquez pas

  • G20: « Le temps est venu d’accroître les dépenses publiques » (Le Monde)
  • En France, les inégalités salariales se réduisent chaque année. Les salaires des femmes cadres de moins de 30 ans sont « seulement » inférieurs de 5 % à celui des hommes, selon l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) dans une étude publiée en mars 2015.Les réseaux féminins ont-ils encore un rôle à jouer dans le monde du travail ? (Le Monde)
  • Pourquoi les fils d’immigrés ne réussissent-ils pas à l’école aussi bien que leurs sœurs? Un article du journal Le Monde.
  • L'intégration rapide des réfugiés est la clé de la croissance économique en Europe, selon le FMI et l'OCDE, présents à Davos, le forum économique mondial qui se déroule du 20 au 23 janvier. Lire l'article du Monde ici.

  • Expliquez-nous... l'OCDE par FranceInfo
  • "Nous avançons à une vitesse d'escargot" sur le climat, estime Ban Ki-moon. Le secrétaire général des Nations Unies confie au journal Le Monde son optimisme sur la conclusion d’un accord international permettant de contenir le réchauffement en cours, en dépit des obstacles.
  • La France est "l'un des pays où l'anxiété en classe est la plus fortement ressentie" explique Eric Charbonnier, analyste à l'OCDE.
  • Après le vote des mesures sociales demandées par l'Union européenne et le FMI, prévu pour le 22 juillet au soir, le gouvernement grec "va reprendre immédiatement les négociations avec les institutions, UE, BCE et FMI, qui doivent durer jusqu'au 20 août au plus tard".
  • Peut-on réduire l'immigration légale? Le député français de l’Yonne Guillaume Larrivé, membre de l'opposition, a proposé que les parlementaires fixent des plafonds d’immigration annuels. Thomas Liebig, spécialiste des migrations internationales à l’OCDE, analyse cette proposition pour le journal La Croix.
  • "Les 40% les plus pauvres, les classes moyennes, manquent de moyens pour investir dans le capital humain", explique à L'Express l'économiste Michael Förster, spécialiste des inégalités à l'OCDE.
  • La lutte contre le travail au noir franchit un nouveau seuil. Selon le bilan 2014 publié par Les Echos, le montant total des redressements imposés par les Urssaf pour « travail dissimulé » s’est élevé à 401 millions d’euros, contre 320 millions l’année précédente.
  • Le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon rallie le soutien de l’OCDE: « 2015 est une année des plus cruciales pour l’humanité ».

Articles les plus lus

Blog OECD Insights

NOTE: Les articles signés expriment l’opinion de leurs auteurs
et pas nécessairement celle de l’OCDE ou de ses pays membres.

©Tous droits réservés. OCDE 2016