Des réformes pour la croissance et la prospérité

La Réunion du Conseil au niveau des ministres (RCM) et le Forum de l’OCDE sont de grandes occasions pour les pays membres et les économies émergentes d’échanger leurs opinions sur les problèmes économiques internationaux, de mettre en commun des pratiques exemplaires et de débattre des priorités politiques. Le résumé de la présidence est désormais disponible.


©Gouvernement grec

Cette année, notre thème central est « Assurer la prospérité », et nous mettrons l'accent sur le large éventail des réformes nécessaires pour que nos concitoyens profitent d'un monde sûr et florissant.À la lumière des évolutions récentes de l’économie mondiale, je pense que nous devrions nous accorder sur l’action à mener. Plus que jamais, nous devons prendre des mesures qui assurent la stabilité et améliorent les performances économiques. Nous devons promouvoir des réformes favorables à la croissance et à l’emploi au niveau national, et améliorer l’action des pouvoirs publics sur le plan international. Il nous faut oeuvrer ensemble pour renforcer la prospérité économique, lutter contre la pauvreté et promouvoir la cohésion sociale.Ces dernières années, l’économie mondiale a connu une expansion rapide qui devrait se maintenir en 2006. La vigueur impressionnante de l’économie mondiale est surtout due à des conditions financières rassurantes et à un accroissement sans précédent des échanges et de l’intégration économique mondiale. Mais il reste des risques liés à l’ampleur des déséquilibres mondiaux et à l’insécurité grandissante des approvisionnements énergétiques. La stabilité des prix, remarquable depuis quelques années, peut être compromise par la récente flambée des prix du pétrole.L’ampleur des déficits extérieurs de certains pays ainsi que les excédents de leurs partenaires commerciaux et des pays producteurs de pétrole menacent la stabilité économique, car ils ne sont pas viables à moyen terme. Des taux de change plus fidèles aux paramètres économiques fondamentaux pourraient contribuer à résoudre ce problème.Il est dans notre intérêt mutuel d’examiner et de comprendre les causes des problèmes et de s’efforcer d’y répondre. La coopération multilatérale et la coordination de l’action des pouvoirs publics sont nécessaires. De grandes organisations comme l’OCDE peuvent servir de forum pour des discussions constructives et fructueuses entre tous les acteurs. Tout accord sur des principes d’action commune est particulièrement bienvenu.Avec des prévisions de croissance aussi favorables qu’à l’heure actuelle, il est temps de procéder à des ajustements de politique. Dans l’Union européenne, le programme de réforme est défini par la Stratégie de Lisbonne, destinée à développer la croissance et à lutter contre le chômage et l’exclusion sociale dans le cadre d’un développement durable. Il faut également améliorer la résilience des économies. Les États membres se sont fixé comme objectif de faire de leur Union l’économie la plus compétitive du monde, une économie du savoir respectueuse des priorités environnementales. C’est notre vision commune.Les priorités sont donc les suivantes : maintenir la rigueur budgétaire ; rendre le climat des affaires plus attrayant; promouvoir la recherche, le développement et l’innovation ; moderniser les marchés du travail ; veiller à une meilleure sécurité des approvisionnements en énergie tout en préservant l’environnement. Le tout en respectant les principes d’un modèle social auquel les citoyens européens sont profondément attachés.Les réformes ne peuvent être appliquées que si elles s’appuient sur une analyse commune. Nous avons fait l’expérience de réformes difficiles à appliquer, notamment sur les marchés du travail où les bénéfices sont tardifs et semblent plus incertains. De même, il est difficile de trouver le bon moment et de réunir un consensus sur les réformes des régimes de retraite. De telles considérations aboutissent souvent à des réformes en demi-teinte, voire à leur annulation. Il serait intéressant de s’interroger sur la meilleure stratégie pour mettre en oeuvre des réformes nécessaires et réunir un consensus social. Pour réunir un consensus, il faut expliquer les problèmes, exposer précisément les solutions alternatives, et s’engager ensemble sur la voie à suivre. Le corps social doit s’approprier le programme de réformes. Les partenaires sociaux doivent travailler ensemble pour parvenir a des accords applicables. C’est de cette façon que la paix sociale peut être préservée. Les contraintes politiques liées aux réformes ne peuvent être évitées que par une coopération honnête et une confiance partagée permettant l’accumulation de ce « capital social » dont nous avons tant besoin.Enfin, l’amplification des échanges peut mener à une nouvelle ère de prospérité mondiale. Les échanges et la mondialisation ne doivent pas être considérés comme une menace pour la sécurité de l’emploi, mais plutôt comme un défi sur la voie d’un monde plus prospère. On ne maintiendra pas le niveau de vie de nos sociétés en protégeant les emplois dans des secteurs non concurrentiels, mais en investissant dans le savoir, l’innovation et dans des systèmes de protection sociale bien définis. Les systèmes de formation, de reconversion et d’apprentissage continu ont également un rôle déterminant à jouer. On connaît plusieurs exemples de pays démontrant que des économies ouvertes et concurrentielles peuvent parvenir à la prospérité sans sacrifier leur cohésion sociale, notamment lorsqu’une aide à l’ajustement durant les phases de transition facilite l’introduction des réformes.Les échanges et la compétitivité sont inextricablement liés et il est plus que jamais nécessaire de faire aboutir le Programme de Doha pour le développement. À cet effet, nous devons rester optimistes quant à la possibilité de conclure avec succès les négociations d’ici fin 2006. Il est possible d’obtenir un résultat équilibré et réaliste dans ce domaine. Cela stimulerait l’économie mondiale et procurerait des avantages à tous, mais surtout aux pays les plus pauvres de la planète.C’est un honneur pour moi de présider la RCM cette année et je suis impatient d’assister à des discussions ouvertes et productives entre tous les participants. Notre ambition est de mieux comprendre les menaces qui pèsent sur la prospérité internationale et de parvenir à des solutions pour instaurer un monde meilleurVoir www.primeminister.grL’Observateur de l’OCDE n° 255, mai 2006


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