Des objectifs partagés

Lena Sommestad, Ministre de l’Environnement de la Suède, et Richard Manning, Président du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE ©Frida Hedberg - ©OECD/Jacques Brinon

Le 4 avril, les ministres du développement et de l'environnement des pays de l'OCDE se réunissent à Paris. Leur but est de progresser dans les nombreux domaines qui lient l'environnement et le développement.
Et alors ? Après tout, de tels événements ne sont plus rares. Les conférences sur le changement climatique, la déforestation et la santé, par exemple, occupent une grande place dans le calendrier politique international, comme en témoigne le Forum mondial de l'eau de Mexico en mars dernier. En outre, les ministres du développement et de l'environnement de l'OCDE ne se sont pas formellement rencontrés depuis 1991, alors pourquoi le font-ils maintenant ?Les bonnes raisons sont évidentes. Pour commencer, nous savons que le développement peut entraîner une dégradation de l'environnement, préjudiciable aux intérêts des pays pauvres. Mais l'ampleur et l'urgence des défis auxquels nous sommes confrontés se sont accrues.Il y a quinze ans, le changement climatique n'était pas un concept largement reconnu. Aujourd'hui, la plupart des gens le voient comme l'une des plus grandes menaces pour l'humanité. D’ailleurs, une grande proportion de l'aide au développement est désormais dirigée vers des activités exposées aux risques climatiques.De plus, nous constatons déjà une dégradation des services essentiels rendus par les écosystèmes, de l'approvisionnement en nourriture et en eau à la régulation du climat et des maladies. La survie de plusieurs millions des personnes les plus pauvres est tributaire des ressources naturelles élémentaires. De fait, ces ressources représentent 25 % de la richesse nationale des pays à faible revenu, contre à peine 4 % dans l'OCDE.Les pauvres sont aussi plus exposés aux effets secondaires de l’explosion économique mondiale, notamment l'urbanisation et la pollution. Ils subissent les pressions exercées par le changement climatique, la hausse du niveau de la mer et les phénomènes météorologiques extrêmes comme les récents cyclones en Amérique centrale, ou des catastrophes comme le tsunami de 2004.Les pays de l'OCDE membres du Comité d'aide au développement assurent plus de 90 % de l'aide bilatérale. Il est donc normal que leur intérêt pour les questions d'environnement s’accentue. De fait, la Déclaration de Paris sur l'efficacité de l'aide adoptée en 2005 appelle tous les pays à progresser en matière d’harmonisation des études d'impact sur l'environnement dans la coopération pour le développement. Ces progrès doivent « porter notamment sur les conséquences possibles de problèmes environnementaux de dimension planétaire comme le changement climatique, la désertification et l'appauvrissement de la biodiversité ».Contrairement à ce qui se passait il y a quinze ans, les pays en développement prennent davantage l’initiative pour définir les priorités de l'aide, les donneurs jouant un rôle de soutien. L'aide au développement se relève enfin, et de nombreux bénéficiaires, agences de développement et représentants de la société civile désirent que les considérations d'environnement constituent un élément cohérent et indissociable des stratégies de développement. Beaucoup craignent cependant que des critères environnementaux excessifs ne freinent le développement. D'où l'urgence de nos discussions à Paris. Ensemble, nous pouvons changer les choses. Ainsi, les travaux de nos collègues en 1991 ont abouti à l'intégration systématique des études d'impact sur l'environnement dans les programmes d'aide publique au développement. Cette avancée a contribué de manière importante à la Conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement, surnommé Sommet de la Terre, qui s'est tenue à Rio l'année suivante.Nous savons que l’association de l'environnement et du développement peut faciliter une croissance durable. Les études de l'OCDE en témoignent. Au Ghana, par exemple, une évaluation environnementale a permis d'atténuer les pressions exercées sur les forêts primaires et les écosystèmes fluviaux fragiles tout en procurant de nouvelles ressources en bois. Une étude stratégique d’impact analogue sur la nouvelle centrale hydroélectrique en République démocratique populaire lao a contribué à préserver des ressources environnementales précieuses. D'autres études ont souligné les risques liés à l'environnement et au développement en Chine.Nous croyons que ces enseignements s’appliquent de façon plus générale à la lutte contre la pauvreté. Appelons cela un « développement durable » qui regroupe des objectifs économiques, sociaux et environnementaux. Cette notion, à peine répandu en 1991, est aujourd'hui devenue une priorité pour tous. À Paris, les ministres de l'environnement et du développement se doivent de définir un cadre d'action commun et des objectifs clairs. Il est temps de faire avancer les choses.©L’Observateur de l’OCDE


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