Pas de recette miracle

Comment nourrir les générations futures sans détruire notre environnement ? C’est le défi auquel se sont confrontés des scientifiques spécialisés dans l’agriculture, l’alimentation et la pêche, à Rome en mai pour lancer la nouvelle phase du Programme de recherche en coopération de l’OCDE, dont l’objet est d’apporter l’assise scientifique nécessaire à l’élaboration de politiques alimentaires et agricoles efficaces.
Les difficultés qui nous attendent sont connues. Les scientifiques estiment que les besoins alimentaires mondiaux vont au minimum augmenter de 50 % au cours des 25 prochaines années, alors que la croissance des taux de rendement ralentit. Les problèmes de changement climatique, de dégradation des sols et d’appauvrissement de la biodiversité s’ajoutent aux contraintes liées à la disponibilité des terres et de l’eau.Un système de recherche internationale correctement financé est essentiel, mais la science ne répondra pas seule à toutes les questions. Il faut chercher de nouvelles solutions, et dépasser les limites de la communauté scientifique pour étendre le partage des connaissances aux économistes, aux écologistes, aux éthiciens, ainsi qu’aux dirigeants.Selon Ken Ash, directeur adjoint pour l’Alimentation, l’Agriculture et les Pêcheries à l’OCDE, « le passage d’un résultat scientifique à une action gouvernementale ne peut se faire qu’à travers un dialogue plus ouvert ». John Lock, de la direction britannique des Pêcheries, a expliqué comment les pêcheurs, sceptiques sur la chute signalée des stocks de cabillaud en mer du Nord, participent désormais à la collecte des données. Non seulement leur confiance dans les résultats s’est accrue, mais les résultats eux-mêmes, quoique toujours à la baisse, se sont améliorés.Parallèlement, les nouvelles technologies de production et les chaînes d’approvisionnement mondiales cristallisent l’inquiétude des consommateurs quant à la sécurité alimentaire. Comme le dit Leendert Wesdorp, d’Unilever, les entreprises doivent faire en sorte que leurs produits tiennent leurs promesses. Plusieurs participants ont appelé à plus de transparence et de traçabilité, notamment à travers une participation accrue de la société civile.L’amélioration de la valeur nutritionnelle des aliments nécessite également une coordination. Bruce Silverglade, président de l’International Association of Consumer Food Organisations, parle d’épidémie d’obésité, un problème qui requiert d’importantes recherches, notamment comportementales.Le développement des cultures transgéniques représente un autre sujet de préoccupation, et la méfiance du public s’étend à des domaines comme la biotechnologie forestière, où la recherche est « très en retard par rapport à la biotechnologie agricole », selon Risto Seppala, de l’Institut finlandais de recherche forestière.Zhangliang Chen, de l’Université agricole chinoise, plaide pour les cultures transgéniques. Avec une population chinoise estimée à 1,6 milliard de personnes en 2020 et une diminution des terres arables disponibles, le rendement doit augmenter de 40 à 50 % au cours des 15 prochaines années. D’après lui, les biotechnologies auront un rôle déterminant à jouer dans ce domaine. Elias Fereres, de l’Université de Cordoue (Espagne) estime en revanche que l’on est encore loin de mettre au point des variétés transgéniques possédant des propriétés complexes permettant d’augmenter les rendements.Au-delà de l’agriculture, l’exploitation de la biomasse – végétaux, produits forestiers et déchets animaux – pour la production de carburant est apparue comme un autre domaine clé pour la recherche et le développement.Il reste manifestement beaucoup à faire. Tony Burne, président du Comité de direction du Programme de recherche en coopération de l’OCDE, conclut en dégageant trois grandes orientations pour le futur : relever le défi des ressources naturelles, mettre le principe de durabilité en pratique et aborder les nouvelles questions posées par la chaîne alimentaire mondiale.La conférence « Défis et possibilités en recherche agroalimentaire », qui s’est tenue à Rome, en Italie, du 18 au 20 mai dernier, était co-organisée par le ministère italien des Politiques agricole et forestière, le ministère italien de l’Environnement et de la Protection du territoire et le Conseil italien de la recherche agricole. Voir www.oecd.org/agricultureL’Observateur de l’OCDE n° 250, juillet 2005


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