La mondialisation au bénéfice de tous

©Gouvernement de la Suède/Pawel Flato

Pour inaugurer cette période de sommets internationaux, la réunion du Conseil de l’OCDE au niveau des ministres, et le Forum qui la précédera, offrent aux ministres et à la société civile la possibilité d’actualiser et de préciser le programme d’action international dans des domaines clés. Pour Göran Persson, premier ministre de la Suède et président du Conseil de l'OCDE 2005, quatre priorités sont à l'ordre du jour.

L’année 2005 est riche d’opportunités, et j’espère qu’elle verra le renouvellement des engagements mondiaux en faveur du partage des fruits de la croissance, du développement durable et d’un véritable multilatéralisme. En juillet, le Sommet du G8 portera sur la pauvreté en Afrique et sur le changement climatique. En septembre, les dirigeants du monde entier se rencontreront au Sommet des Nations unies pour faire progresser le développement mondial et renforcer les Nations unies. Enfin, la réunion ministérielle de l’OMC qui se tiendra à Hong Kong en décembre, pourrait mener à une libéralisation plus poussée des échanges, stimulante pour les pays riches comme pour les pays pauvres.Pour inaugurer cette période de sommets internationaux, la réunion du Conseil de l’OCDE au niveau des ministres, et le Forum qui la précédera, offrent aux ministres et à la société civile la possibilité d’actualiser et de préciser le programme d’action international dans des domaines clés.Nous nous réunirons autour d’un thème fédérateur : mettre à profit la mondialisation. Je suis heureux de présider nos discussions sur les moyens d’obtenir le meilleur de la mondialisation et d’en faire profiter tous les pays et les peuples. Les pays à revenu élevé, que représente l’OCDE, ont certes une responsabilité particulière à cet égard. C’est une question de solidarité et de fraternité, mais il y va aussi de notre intérêt. Pour garantir notre prospérité, nous devons combattre la pauvreté avec détermination dans d’autres pays.Nous n’y parviendrons qu’en travaillant avec les autres pays. Je me réjouis que les ministres de grands pays non membres et de pays en développement participent à nos discussions sur les moyens de mieux répartir les bienfaits de la mondialisation. Cette année, j’ai bon espoir que nous progresserons sur certains points cruciaux du programme d’action international. Les quatre thèmes suivants me semblent particulièrement importants.

Combattre la pauvreté

Nous progressons dans la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement, mais les résultats varient beaucoup selon les objectifs et les régions. Au moins avons-nous acquis la certitude que le développement fonctionne, mais il faut nous assurer qu’il fonctionne partout. Nous devons soutenir davantage les populations en marge de la mondialisation, en particulier en Afrique subsaharienne. Je suis persuadé qu’un engagement politique réel commence à porter ses fruits. Après 30 ans de stagnation et de déclin, tous les pays de l’OCDE ont renforcé leur aide au développement pendant trois ans consécutifs, notamment l’année dernière avec une augmentation de 4 %. Mais notre effort collectif est toujours bien inférieur au 0,7 % du revenu national que nous nous sommes engagés à fournir.Nos politiques doivent viser la lutte contre la pauvreté. Cette tâche incombe aux ministres responsables de l’aide au développement, comme aux ministres des finances, du commerce et de l’agriculture. Et notre approche doit être cohérente : nous devons cesser de donner d’une main et reprendre de l’autre. Je souhaite que les ministres des pays de l’OCDE adressent ensemble un message énergique au Sommet de l’ONU en septembre 2005 sur les progrès accomplis et sur les efforts à poursuivre en vue d’honorer les engagements énoncés dans les déclarations du Millénaire et de Monterrey. Nous devrions convenir de la nécessité d’augmenter le volume de l’aide mondiale, de la rendre plus efficace, de mobiliser d’autres ressources pour répondre aux besoins de développement urgents et d’éliminer les subventions qui faussent les échanges.

Gérer les ressources de l’environnement

Nos discussions partiront du constat suivant : actuellement, la consommation mondiale d’énergie n’est pas viable, car la dépendance quasiment totale à l’égard des sources d’énergie fossile nuit à l’environnement. Par ailleurs, la dépendance croissante des pays de l’OCDE envers les importations rend nos économies très vulnérables à la hausse des prix de l’énergie. Mais d’autres voies s’offrent à nous. Nous discuterons des investissements nécessaires pour améliorer la rentabilité énergétique, rechercher de nouvelles sources d’énergie et mettre au point des technologies plus propres.L’accroissement des investissements dans l’énergie doit répondre à un double objectif : préserver une croissance vigoureuse et écarter la menace du changement climatique. En février, le Protocole de Kyoto a acquis force obligatoire. Mais cela ne suffira pas – même pour empêcher la dégradation grandissante de la couche d’ozone. Davantage de pays doivent plafonner leurs émissions de gaz à effet de serre. Et nous devons étudier l’élaboration de règles sur le climat allant au-delà de 2012.

Faire du changement une opportunité

La mondialisation est un phénomène puissant, et il faut nous adapter à l’intensification de la concurrence et aux changements rapides qui en résultent. Nous avons tout à gagner des ajustements structurels qui entraînent une division plus efficace du travail et une croissance plus rapide. Mais les pressions concurrentielles peuvent aussi déboucher sur le chômage et l’insécurité, qui bouleversent le quotidien des personnes. La mondialisation ne doit pas être perçue comme une menace. Et nous devons faciliter le changement en créant des passerelles entre le monde ancien et le monde nouveau. Seul un climat de confiance permet de tirer pleinement parti des avantages du changement.Tout cela repose sur l’éducation et l’apprentissage tout au long de la vie, sur d’importantes politiques d’aide sociale et des politiques de l’emploi actives, mais aussi sur l’équité entre les hommes et les femmes sur le marché du travail. L’égalité, la justice et le bien-être peuvent constituer des atouts dans une économie mondialisée. Je crois profondément qu’une compétitivité efficace et qu’un État providence fort sont étroitement liés.

Faire progresser les négociations commerciales

La liberté des échanges stimule véritablement la croissance économique, l’emploi et le développement. Ses effets vont bien au-delà de l’économie. Les pays pauvres, comme les pays riches, peuvent profiter d’un processus continu d’amélioration et de réforme du système commercial international. J’espère que, dans la perspective de la réunion de l’OMC à Hong Kong en décembre, tous les membres de l’OCDE s’engageront avec détermination à faire progresser le cycle des négociations du Programme de Doha pour le développement. Le mener à bien serait le meilleur moyen de libérer le potentiel commercial des pays en développement, et de contribuer largement au développement. Les avantages escomptés sont en effet bien supérieurs au montant total de l’aide publique au développement accordée par les pays de l’OCDE.La mondialisation offre d’immenses opportunités à l’humanité. Nous devons valoriser ce potentiel et lutter contre ses effets dommageables et ses inconvénients. Saisissons l’opportunité que nous offre la réunion du Conseil de l’OCDE au niveau des ministres de 2005 pour progresser !Nous pourrions tous nous inspirer de l’appel vibrant d’une personnalité suédoise qui a marqué la scène internationale au XXe siècle et qui a d’ailleurs contribué à créer ce qui est par la suite devenu l’OCDE, je veux parler de Dag Hammarskjöld, Secrétaire général des Nations unies, né il y a 100 ans :« Il se peut que les générations futures disent que nous n’avons jamais atteint les objectifs que nous nous étions fixés. Puissent-ils ne jamais dire à juste titre que nous avons échoué par manque de foi ou par la volonté de préserver nos intérêts particuliers. »©L'Observateur de l'OCDE, No. 249, mai 2005


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