A propos des biotechnologies

Courrier des lecteurs
Ce qui importe, dans le contexte actuel d’inquiétude des consommateurs concernant leur alimentation, qu’il s’agisse de contamination bactérienne, de résidus d’hormones, de pesticides ou d’antibiotiques, ou encore d’organismes génétiquement modifiés, c’est de procéder à une analyse aussi complète que possible de ces craintes. Il est en outre primordial que les résultats de cette analyse fassent l’objet d’un large débat de manière à faire reculer la défiance de l’opinion publique.
Jusqu’à présent, l’essentiel du débat s’est focalisé sur les aspects scientifiques et la nécessité d’une analyse scientifique indépendante. Toutefois, comme le soulignent Wayne Jones et al. dans le n° 216 de L’Observateur de l’OCDE (mars 1999), les questions politiques que soulève la sécurité des aliments ne se limitent pas aux seuls aspects scientifiques. L’analyse doit, à un moment ou à un autre, déterminer les coûts et avantages économiques engendrés par ces données scientifiques et en faire l’interprétation. Jones et al., eux, préconisent de procéder à une analyse coûts-avantages pour la société.J’irai même encore plus loin en disant que le cadre de l’analyse économique doit intégrer aussi plusieurs autres éléments. Premièrement, il doit pouvoir prendre en compte l’aversion au risque des consommateurs en ce qui concerne les produits alimentaires qu’ils achètent. Deuxièmement, la définition et l’interprétation des probabilités doivent intégrer aussi les données existantes. Troisièmement, il faudrait reconnaître qu’intrinsèquement, les nouveaux aliments comportent une part imprévisible de risque, non seulement pour le consommateur, mais aussi pour le milieu naturel dans lequel ils sont produits. Quatrièmement, les aliments transgéniques peuvent dans certains cas produire des conséquences irréversibles sur les consommateurs, avec notamment des conséquences financières. Cinquièmement, il faut opter pour une analyse dynamique qui permettra de prendre véritablement en compte les profils temporels des coûts et des avantages. Sixièmement enfin, l’évaluation des coûts et avantages pour la collectivité doit se faire dans le cadre d’une économie ouverte pour pouvoir déterminer si les obstacles aux échanges se justifient ou non.Jones et al. se demandent si la sécurité alimentaire est une simple question de protection ou si elle relève du protectionnisme commercial. La réponse dépend de deux paramètres : d’une part, les résultats d’une analyse scientifique effectuée à partir de données objectives, qui tient compte de l’ambiguïté de ces dernières, et d’autre part, de ceux de l’analyse économique incluant les éléments mentionnés précédemment. S’il n’est pas question d’encourager le protectionnisme, il faut admettre que la libéralisation des échanges n’est pas une fin en soi, mais un moyen permettant d’accroître le bien-être social.*Donald MacLarenDepartment of Economics The University of MelbourneParkville, Vic 3052, Australie


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