L'OCDE dans un monde en mutation

Extraits du Résumé de la Présidence

Le Mexique montre le chemin : le ministre des Affaires étrangères Luis Ernesto Derbez (en haut) présidait la réunion du Conseil au niveau des ministres et le ministre de la Santé Julio Frenk, présidait la réunion des Ministres de la Santé. © OCDE

RÉUNION DU CONSEIL DE L'OCDE AU NIVEAU DES MINISTRES, 13-14 MAI 2004
À l’occasion du 10e anniversaire de son adhésion à l'Organisation, le Mexique a eu l’honneur cette année de présider la réunion du Conseil de l'OCDE au niveau des Ministres. Des ministres de tous les pays membres de l'OCDE et d’économies non membres y ont participé. Des consultations ont également eu lieu avec des représentants des milieux d’affaires, des syndicats et plus largement de la société civile, dans le cadre notamment du 5e Forum de l'OCDE, qui s’est tenu les 12 et 13 mai.Le Résumé de la Présidence couvre tout l’éventail des questions examinées par les ministres lors de leur réunion annuelle : les perspectives économiques, le vieillissement démographique, le financement de la santé, ainsi que le commerce mondial et le développement. En ce qui concerne les travaux en cours à l'OCDE, les ministres se sont félicités vivement du récent accord sur une version révisée des Principes de gouvernement d’entreprise de l'OCDE et ont encouragé leur « large diffusion » et leur « utilisation active ». Ils ont en outre salué les résultats du projet mené pendant trois ans sur le développement durable, en faisant ressortir notamment que « les gouvernements pourraient parvenir aux mêmes résultats en matière de protection de l’environnement à un coût sensiblement inférieur en recourant plus largement à des instruments économiquement plus efficients. » Ils ont adopté des recommandations en faveur de nouveaux travaux sur le développement durable dans le cadre de l’OCDE. Les ministres ont également rendu hommage aux réalisations considérables du Groupe d’action financière (GAFI) au cours de ces dernières années dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, et se sont félicités de la décision de leurs collègues du GAFI de prolonger le mandat du Groupe d’action pour huit années supplémentaires.S’agissant des perspectives économiques, le sentiment général est que les « paramètres fondamentaux favorisent la croissance future », mais que des politiques appropriées sont nécessaires pour rendre l’expansion robuste et durable. Les taux d’intérêt doivent augmenter dans les pays où la reprise est particulièrement avancée, par exemple. La plupart des pays admettent qu’il est nécessaire d’assainir les finances publiques et « que les déficits doivent maintenant être résorbés ».Les ministres sont conscients des risques liés à l’évolution des prix du pétrole. Ils ont par ailleurs évoqué la question de la délocalisation qui, pour eux, « est en elle-même un élément du processus continu d’intégration internationale, et doit être encouragée, car elle induit une augmentation de la productivité et des revenus réels ». Ils sont néanmoins d’avis que les pays de l’OCDE, au moins dans le court terme, ont besoin de politiques qui facilitent l’ajustement des personnes dont l’emploi est supprimé du fait de la délocalisation.Si le vieillissement démographique est considéré comme un phénomène positif en ce sens que les individus vivent plus longtemps et sont en meilleure santé, les ministres des pays de l’OCDE soulignent que ce processus exige des ajustements de politique afin de maintenir la croissance et de préserver l’équilibre des budgets publics. « Il y a beaucoup à faire et, dans de nombreux pays, peu de temps disponible », est-il précisé dans le Résumé de la Présidence. Les régimes de retraite doivent changer, et il faut faire davantage pour adapter l’âge de départ à l’espérance de vie. Les programmes ne doivent pas inciter les travailleurs âgés à se retirer du marché du travail, même si les opinions des ministres divergent quant au rôle que peuvent jouer à cet égard la fiscalité et les prestations.Dans de nombreux pays, il ne sera pas facile d’absorber une offre importante de travailleurs âgés si les marchés du travail ne sont pas plus dynamiques. À cet égard, nombre de ministres ont relevé l’importance d’une revalorisation des compétences, tandis que d’autres ont souligné que les mentalités des employeurs et des travailleurs âgés allaient devoir évoluer.Un autre défi pour les gouvernements des pays de l’OCDE est le financement de la santé, sous l’effet notamment de l’allongement de la durée de vie des populations. Les ministres de la Santé et des Finances ont noté le fait que la demande croissante de soins et les nouvelles avancées technologiques de la médecine moderne vont exercer des pressions supplémentaires sur les budgets du secteur public. Il faut donc mettre l’accent sur une utilisation optimale des ressources. Il ne s’agit pas nécessairement de réduire les dépenses, plusieurs ministres reconnaissant qu’une certaine augmentation des dépenses publiques de santé est envisageable. Pour les ministres, il convient de veiller à ce que les dépenses présentent un bon rapport coût-efficacité, et à ce que les individus fassent preuve de plus de responsabilité vis-à-vis de leur propre santé. De nombreux ménages pourraient sans doute prendre en charge une plus grande part du coût des soins, les ménages à faibles revenus et les patients atteints de maladies chroniques devant continuer à avoir accès aux soins. Les mesures de contrôle, comme le plafonnement des budgets, ont permis de maîtriser les coûts dans de nombreux pays, mais il faut veiller à minimiser leurs effets négatifs sur l’efficience et la qualité des soins de santé. Les ministres ont exprimé des points de vue différents sur le rôle de l’assurance maladie privée. Certains ont fait valoir qu’elle pouvait élargir le choix des consommateurs et aider à limiter les dépenses publiques, d’autres doutaient qu’elle puisse contribuer à contenir les coûts et craignaient qu’un renforcement de son rôle ne remette en cause l’objectif de couverture universelle.Pour les ministres, il n’existe pas de substitut au système commercial multilatéral. Ils se sont montrés résolus à trouver des accords de base sur des cadres concernant les points essentiels du Programme de Doha pour le développement. La clé de nouvelles avancées dans les négociations commerciales réside dans la réforme agricole. Il y a des signes encourageants, mais beaucoup reste à faire en ce qui concerne la concurrence à l’exportation, les aides nationales et l’accès aux marchés. La discussion a également porté sur le commerce et le développement, domaine dans lequel des progrès considérables ont été accomplis depuis le lancement du Programme de Doha, mais où de nouvelles avancées sont nécessaires.Il a également été question de la nécessité de réformer l'Organisation. Toutes les organisations internationales sont aujourd’hui soumises à des pressions pour améliorer leurs performances et conserver leur pertinence pour leurs membres dans un monde en rapide évolution. Les ministres se sont réjouis de l’accord récent sur un certain nombre de mesures concernant le rôle futur et la gouvernance de l'OCDE, notamment la définition d’une stratégie d’élargissement et de renforcement des relations avec les économies non OCDE, l’adoption d’une nouvelle méthode de prise de décision pour les cas spéciaux, et la modification des barèmes de contribution des pays membres au budget de l'Organisation. Quelques pays ont appelé l’OCDE à développer une approche plus stratégique de ses travaux avec les économies non membres, afin d’accroître son influence sur le plan mondial.© L’Observateur de l’OCDE, N°244, Septembre 2004


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