Entre risques et résilience

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Le rythme de la reprise, tel que le prévoyait le numéro de printemps des Perspectives économiques de l’OCDE, a été peu affecté par la hausse des prix du pétrole. Globalement, la reprise se poursuit comme prévu et la progression du PIB réel devrait atteindre 3,5 % en 2004 dans le groupe des six plus grands pays de l’OCDE.
Aux États-Unis, l’activité économique s’est révélée un peu plus faible qu’escompté tandis qu’elle apparaît un peu plus forte que prévu dans la zone euro et au Japon. Si l’augmentation des prix de l’énergie a entraîné une accélération de l’inflation, il n’en va pas de même pour l’inflation sous-jacente qui est restée stable dans les pays de l’OCDE. Jusqu’ici, les revendications salariales n’ont pas été tirées vers le haut, dans la mesure où les anticipations d’inflation restent à la fois stables et modérées. Dans un contexte où l’engagement des banques centrales en faveur de la stabilité des prix est perçu comme ferme et crédible, les turbulences des marchés pétroliers n’ont eu jusqu’à présent qu’un impact limité sur la situation économique.Avec le retour à des politiques économiques progressivement moins expansives, la croissance aux États-Unis dépend de plus en plus de la création d’emplois et de l’investissement des entreprises. La confiance des ménages est pénalisée par la faiblesse des créations d’emplois, mais elle reste proche de sa moyenne de longue période, ce qui contribue à la résilience de la consommation. Les entreprises sont en revanche beaucoup plus optimistes. Elles ont mis à profit une longue période de faiblesse des taux d’intérêt pour améliorer leurs bilans et sont désormais fortement bénéficiaires. Ce retour à meilleure fortune est de bon augure pour l’emploi et l’investissement.Dans la zone euro, les entreprises sont un peu plus confiantes que les ménages. Après une croissance étonnamment forte en début d’année 2004, l’activité progresse désormais à un rythme proche du potentiel, même si elle dépend encore par trop de la demande extérieure. En outre, de profondes différences persistent au sein de la zone, avec une demande intérieure dynamique en France mais dépourvue de toute vigueur outre-Rhin. De son côté, l’Italie a pris du retard, en raison tout à la fois de la faiblesse de sa compétitivité et de la mollesse de la demande intérieure.Dans un environnement marqué par les incertitudes géopolitiques et les turbulences pétrolières, les économies de l’OCDE ont donc fait preuve jusqu’ici d’une résilience certaine, qui laisse présager une solide croissance pour l’avenir. Ces perspectives pourraient cependant se trouver compromises par de nouvelles hausses de prix du pétrole ou un ralentissement marqué en Chine.Au Japon et en Chine, la croissance, très rapide au début de 2004, s’est ensuite ralentie mais devrait encore rester soutenue. Au Japon, la croissance de la demande intérieure s’appuie toujours sur l’investissement, dans un contexte de profits élevés. Les entreprises embauchent, mais privilégient les contrats à durée déterminée alors que les salaires peinent à se redresser. Stimulée par des circonstances plus favorables, la confiance des ménages s’améliore mais gagnerait encore à se renforcer. Même s’il reste du chemin à parcourir, le Japon semble désormais en mesure de s’extraire définitivement du piège de la déflation, dès lors que la politique macroéconomique maintient le cap et que les réformes structurelles se poursuivent, tout particulièrement dans le secteur financier. Mettant à profit la poursuite de la reprise, plusieurs banques centrales, telles que la Réserve Fédérale américaine, ont commencé à resserrer une politique monétaire qui avait été jusqu’ici exceptionnellement expansionniste. La propagation de la reprise aidant, ce resserrement devrait s’étendre, progressivement et sans à-coup majeur, à l’ensemble de l’OCDE, dès lors que les capacités excédentaires se résorbent progressivement et que l’inflation reste sous contrôle. Dans un contexte toujours marqué par la faiblesse de la demande intérieure au sein de la zone euro et par la relative persistance de la déflation au Japon, le tour accommodant qui caractérise aujourd’hui la politique monétaire semble cependant devoir être maintenu pour une assez longue période.L’assainissement des finances publiques devrait enfin être résolument engagé pour minimiser le risque d’un relâchement procyclique des politiques budgétaires, qui viendrait exacerber une éventuelle surchauffe conjoncturelle dans les années à venir. Cet assainissement est également requis de manière urgente pour faire face aux pressions croissantes auxquelles sont désormais confrontés les pays de l’OCDE du fait du vieillissement de la population, alors même que les réformes des régimes de pension et de santé ont pris du retard. Dans ces domaines, les actions comptent plus que les intentions, et un effort majeur doit être engagé à brève échéance.© L’Observateur de l’OCDE, N°244, Novembre 2004


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