La vérité sur les OGM

Direction de l'environnement

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Les cultures génétiquement modifiées ne sont plus un projet futuriste : elles existent bel et bien. Et un nombre croissant de pays autorisent la mise sur le marché de plantes transgéniques telles que le maïs, le soja, le colza ou le coton.

Entre 1996 et 2003, les surfaces agricoles consacrées aux cultures transgéniques ont été multipliées par 40 à travers le monde, pour atteindre 67,7 millions d’hectares en 2003 (voir graphique). Dans la mesure où les premières cultures transgéniques commerciales ne sont apparues qu’au milieu des années 1990, cela représente une véritable révolution. De plus, la tendance ne semble pas prête de s’infléchir, vu la diversité des cultures transgéniques actuellement en cours de recherche et développement.En 2003, même si les deux tiers des superficies mondiales consacrées aux cultures transgéniques étaient situées dans les régions développées, seuls six pays assuraient la production. Les États-Unis sont en tête, avec 63 % de la production mondiale, suivis de l’Argentine (21 %), du Canada (6 %), du Brésil (4 %), de la Chine (4 %) et de l’Afrique du Sud (1 %). La plupart de ces terres étaient consacrées à la culture du soja (61 %), du maïs (23 %), du coton (11 %) et du colza (5 %). Jusqu’à présent, la commercialisation concerne essentiellement ces espèces, ainsi que deux caractéristiques : la résistance aux insectes et la tolérance aux herbicides.Le fait que la sécurité de ces produits préoccupe un certain nombre de citoyens (et certains pays) pourrait expliquer le lent démarrage des cultures transgéniques dans de nombreux pays. Il est donc important que les pouvoirs publics fassent en sorte que les informations fiables quant à la sécurité de ce type de cultures soient largement diffusées.Généralement, avant d’autoriser la mise sur le marché d’une plante transgénique – qu’elle soit destinée à être plantée et cultivée ou à entrer dans l’alimentation humaine ou animale – les autorités nationales procèdent à une évaluation de sécurité, dont les résultats font très souvent l’objet d’une large diffusion, en général sur Internet. Par ailleurs, de très nombreuses sources d’informations sur la sécurité des cultures génétiquement modifiées sont commercialisées. C’est notamment le cas de la base de données de l’OCDE sur les produits, qui comporte de nombreux liens vers les sites Internet officiels.Il peut y avoir confusion lorsque différentes autorités nationales diffusent des informations sur la même plante transgénique en employant différents noms ou descriptions pour un même produit, par exemple un type particulier de maïs ou de coton. Pour éviter ces problèmes, nous avons publié un guide d’élaboration d’« identificateurs uniques », établi sur la base des travaux du Groupe de travail de l’OCDE sur l’Harmonisation de la surveillance réglementaire en biotechnologie. Un identificateur unique peut se comparer au numéro ISBN d’un livre ou d’un magazine. Chaque code comporte neuf caractères alphanumériques attribués à chaque nouvelle plante transgénique (ou génétiquement modifiée) ayant reçu une autorisation de mise sur le marché. Ainsi, un maïs transgénique conçu par Monsanto pour résister aux insectes ravageurs possède l’identificateur unique : MON-ØØ810-6, alors que le code DD-Ø1951A-7 désigne un coton créé par DuPont.Ce guide a été rédigé afin d’aider les créateurs d’un nouveau produit transgénique à élaborer l’identificateur correspondant. Une fois l’autorisation de mise sur le marché obtenue, les autorités nationales peuvent nous transmettre cet identificateur unique pour mettre ainsi à jour la base de données de l’OCDE.Ce guide a démontré son intérêt dans la pratique et il est déjà utilisé par les pays membres de l’OCDE. L’UE l’a récemment adopté comme système de formulation d’identificateurs uniques en s’appuyant sur une réglementation spécifique, élaborée par la Commission. Ce guide a également été reconnu comme mécanisme d’identification unique devant être utilisé dans le cadre du Protocole de Carthagène sur la biosécurité, accord international qui couvre ces produits. L’OCDE transmet les identificateurs uniques au Centre d’échange pour la prévention des risques biotechnologiques(), qui constitue un élément pivot du Protocole.Le système fonctionne bien pour les cultures transgéniques. Pourtant, dans cette discipline en évolution rapide, il est important de parvenir à satisfaire la demande technologique. C’est pourquoi nous nous efforçons d’étendre les applications du mécanisme d’identification, notamment aux micro-organismes et aux animaux. Grâce aux identificateurs, toutes les parties intéressées, y compris le grand public, pourront disposer d’informations sérieuses et fiables qui les aideront à se forger leur propre opinion sur la sécurité de ces organismes.© L’Observateur de l’OCDE, N°243, Mai 2004


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