Sécurité routière :

Un enjeu de santé publique

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Les accidents de la route constituent un enjeu majeur de la santé publique. La CEMT s’est fixé comme objectif de réduire de moitié le nombre de tués sur les routes de ses pays membres d’ici 2012. Le défi est de taille.

Chaque année, les accidents de la route font 1,2 millions de morts à travers le monde et jusqu’à 50 millions de blessés. Ces statistiques sont enregistrées principalement à l’extérieur de la zone OCDE, mais l’autosatisfaction n’est de mise dans aucun pays. En Europe, plus de 100 000 personnes sont tuées, tandis que deux millions de personnes sont blessées dans les accidents de la route, la première cause de mortalité chez les jeunes hommes de moins de 25 ans.Ces accidents de la route ne sont pas sans conséquences sur le plan économique. Ils coûtent très chers en terme de perte de capacité productive et de capital humain, que ce soit pour un accident mortel ou non. À cela s’ajoutent les dépenses liées aux soins médicaux et à la réadaptation connexe. Ils entraînent aussi d’autres coûts moins évidents : familles brisées, perte d’un revenu, voire coût du soutien psychologique. En outre, il faut bien sûr réparer les dommages matériels. Selon certaines estimations, la perte économique totale occasionnée par les accidents de la route atteindrait le chiffre impressionnant de 2 % à 3 % du produit intérieur brut (PIB) des pays de l’OCDE.La sécurité routière est donc devenue un enjeu majeur de santé publique, à tel point que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en a fait cette année le thème de sa Journée mondiale de la santé, le 7 avril. Le Secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a saisi cette occasion pour rappeler aux populations que les accidents de la circulation pouvaient être évités, mais seulement par une action concertée de la part de nombreux secteurs de la société, notamment les transports, l’éducation, la santé, et le respect des lois. Il a cité l’exemple de la France, historiquement connue pour ses routes parmi les plus meurtrières d’Europe. Elle a réussi, en renforçant la sécurité routière, à réduire de 20 % le nombre de tués sur ses routes depuis 2002.Voilà un chiffre encourageant, et la CEMT mène activement la poursuite des progrès réalisés en ce sens. Depuis de nombreuses années, elle agit pour réduire le nombre d’accidents de la route en publiant des données comparatives, en sensibilisant les pouvoirs publics aux pratiques exemplaires et en formulant des recommandations sur l’action à mener.Pour ce faire, le Conseil des ministres de la CEMT a décidé à l’unanimité en 2002 de se fixer pour objectif de réduire de moitié le nombre de morts sur les routes d’ici 2012. Il s’agit là d’un objectif louable, bien qu’extrêmement ambitieux, compte tenu des tendances décourageantes dans certains pays, notamment en Russie. Chaque pays doit définir sa propre stratégie pour atteindre l’objectif fixé. Celui-ci exigera la coopération des acteurs de tous les domaines concernés – services de police, législation, sensibilisation du public et technologies innovantes. Et pour que cette coopération se concrétise efficacement, un engagement politique au plus haut niveau est indispensable. Les progrès réalisés en France trouvent du reste leur origine dans l’engagement du Président Jacques Chirac. Une liste de vérification des mesures à mettre en œuvre pour diviser par deux le nombre de tués sur les routes a été présentée lors d’une réunion du Conseil des ministres de la CEMT, qui s’est tenue à Ljubljana les 26 et 27 mai. Ces mesures sont regroupées sous trois grands thèmes : favoriser une prise de conscience et une meilleure participation de la collectivité ; accentuer l’importance de données fiables, surtout dans le domaine de la recherche ; et mettre à disposition les ressources financières et de gestion nécessaires. Les programmes de sécurité routière n’ont pas besoin d’être coûteux pour être efficaces. De fait, il existe des outils rentables qui peuvent donner des résultats tangibles, par exemple la formation progressive des conducteurs, les systèmes de points de pénalité, les contrôles impromptus d’alcoolémie ou même l’amélioration du marquage routier.Les progrès réalisés seront évalués chaque année par une analyse qui permettra de recueillir des données, d’en tirer des enseignements et de mettre en commun l’expérience acquise. Nous montrerons ainsi que si l’automobile est essentielle dans notre vie, mourir sur la route n’est pas une fatalité.* La CEMT est une organisation intergouvernementale créée en 1953 qui réunit 43 pays membres européens, 7 pays associés et 1 pays observateur. La CEMT offre un cadre aux ministres responsables des transports, plus précisément des transports terrestres, pour débattre des problèmes d’actualité, pour coopérer en matière de politiques à mener dans le secteur et pour définir les orientations communes en vue d'améliorer et de développer les systèmes de transport européens.© L’Observateur de l’OCDE, N°243, Mai 2004


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